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L'après Libre Journal
Après l’Apocalypse
Comment sortir de la matrice en été
par Nicolas Bonnal

L’opinion publique est un faible tyran
comparée à notre propre opinion privée.

Ce serait presque un sujet de livre de développement personnel... mais oublions un peu les piles de best-sellers des étagères Hachette dans les librairies aéroportuaires.

On proposait de bâtir des villes à la campagne, mais il est bon de construire les villages agricoles à la montagne, avec beaucoup d’eau, de soleil et d’animaux. Je suis toujours à Trevelez, splendide village des Alpujarras dans le sud de l’Espagne, coupé non pas du monde (c’est devenu impossible et d’ailleurs c’est inutile) mais des tentations du monde : pas de presse, pas d’Internet, 30 euros par semaine pour vivre en famille, pas trop de mouvement, pas trop de discussions, beaucoup de prières, de lectures, de marches et d’écritures. Ce type de vie, de contemplation estivale dira-t-on, mériterait de durer toute l’année. Il est en outre économe et donc permet - permettrait - d’oublier les sordides questions matérielles...

***

L’été, avant de devenir la grosse usine de loisirs, était la saison de la moisson ; on travaillait aux champs, y compris les enfants. Et s’il est devenu la saison de la grosse occupation vulgaire, sexy, sportive ou culturelle, l’été pourrait devenir un temps le temps de la moisson spirituelle, puisqu’il nous permet d’être face au vide parfois, donc à la vérité, en marge de la matrice techno et dévoreuse des temps modernes.

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9 août 2013 - lien permanent
Les charges de la brigade Kascher
Horbiger et la nuit des longs coteaux
par Nicholas-Kurt Heil

Les animaux se sont retirés dans leur montagnes pour leurs pâtures, ratures et leurs littérature ; on nous a cependant envoyé trois chroniques déjantées d’Horbiger et les siens. Les travaux de copie ont été supervisés par Saul pleureur et Phileas Frog.

Troisième charge.

***

Pendant que Marine la peine patine dans la cacherout, nous sommes en Bourgogne chez un ami biné. Les sages se nourrissent de coquilles d’escargots infiltrés, les devins goûtent le bon vin et l’on célèbre la nuit des longs coteaux comme chaque année, même si pour Coco charnel tous les chemins ne mènent pas à Röhm. Déjà végétaryenne, il lui faudra se résigner aux boissons dites gazeuses - sans offense !

C’est les vacances donc et Horbiger cherche un endroit écarté où d’être homme d’honneur on ait la liberté. Il commence à rédiger l’excellent guide vert des chemises brunes, qui recense tous les endroits chers aux idéalistes germaniques ; il est entouré de nos animaux préférés, maréchal Grommelle (qui en pince pour la générale Chatonne ; on reparlera plus loin de cette affaire people à poil et à fourrure), l’ara Petacci, Ravi Jacob bien sûr, Steven Spitzberg. Maréchal Grommelle, au grand (van) Damme des ennemis du genre inhumain, a fait virer momentanément le lémur des lamentations dont les stridences nocturnes ou bien diurnes l’empêchaient de dormir. Le renard du dessert continue de grommeler contre la civilisation des loisirs et sa race futile.

Mais les autres animaux qui ont bien bu continuent de s’exercer pour un festival qui n’aura rien de Kahn. Abjurant lady caca, les animaux redécouvrent on le sait la chanson française.

Le pingouin Steven Spitzberg a bien retravaillé les paroles de Bernard Lavilliers, écoutez et répétez en choeur :

- C’est en hommage aux camarades néonazis malais !

- Léo Malet nazi ? Pardon, Léo nazi Malet ?

- On écoute !

- De n’importe quel pays de n’importe quel couleur...

- De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur...

- Le nazisme est un cri qui vient de l’intérieur !

- Le nazisme est un cri qui vient de l’intérieur !!!

- Bravo, excellent !

- Steven Spitzberg, tu es vraiment le mâle français !

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7 août 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Léon Bloy et la terrible punition de l’Allemagne
par Nicolas Bonnal

Ange du bizarre pour Poe, le Germain est devenu un objet de répulsion dans la pensée des Européens modernes. Il fut une horreur à abattre coûte que coûte et peu s’en est fallu que ce peuple ne soir tout bonnement liquidé en 1945.

Je découvre avec horreur et retard l’horrible sort des prisonniers allemands à la fin de la deuxième guerre mondiale : quatre millions de condamnés à mourir de faim, de dysenterie et même de soif dans des camps de concentration démocratiques, y compris français d’ailleurs. C’est le Figaro qui à l’époque avait eu le courage par la plume du journaliste Paul Bromberger de dénoncer cette infamie ; car les Américains avaient même prêté des femmes et des enfants aux gardiens de camp français qui leur avaient commandé des esclaves de travail pour se dédommager des dégâts de la Guerre et de l’Occupation. On tenait là une belle revanche, digne de la tradition républicaine qui traita aussi biens ses coloniaux que ses cathos ! De Gaulle avait dû se taire, soi-disant pour se ménager les bonnes grâces de l’administration américaine et de l’immonde Truman qui donna en même temps la Chine aux communistes, avec les millions de morts qui allaient suivre. Je reviendrai sur cette drôle de paix et d’époque qui ne font que me confirmer le trait de Soljenitsyne : les êtres humains dans leur plus grande part ne savent pas s’ils sont vivants.

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5 août 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Léon Bloy et la France qui avale tout
par Nicolas Bonnal

Aujourd’hui l’honneur des familles consiste
uniquement à échapper aux gendarmes.

Dieu soit loué, la loi Taubira aura réveillé la France chrétienne et fait oublier les bobos. Ces derniers, héritiers de nos bourgeois, mais décoincés par l’école et Canal, m’avaient inspiré le texte qui va suivre, et qui faisait injustement suite à une relecture de l’implacable et impeccable Léon Bloy. Donnons suite.

***

On ne peut pas dire que depuis qu’ils sont repassés aux affaires (et Dieu sait qu’avec eux les affaires sont toujours les affaires...), les socialistes se soient privés de faire ce qui leur plaît : lutter contres les préjugés et les déterminismes ; augmenter les taxes de tout poil et toute nationalité ; encourager l’immigration et surtout l’émigration - des Français ; nous engager dans des guerres ubuesques au nom de la tradition coloniale républicaine ; provoquer en somme la raison et le bon sens de tout honnête homme. Et rien. Aucune réaction. La France aplatie, avachie de la postmodernité a tout gobé sans sourciller.

« Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore été promulguée, l’honneur d’une famille consistait à donner des Saints ou des Héros... Aujourd’hui l’honneur des familles consiste uniquement à échapper aux gendarmes. »

Souvenez-vous de 1981. Si la révolte a grondé, si les bons chrétiens se sont mobilisés pour l’école libre, si le Front national a pu percer, c’est bien parce que les gens ont été vite excédés. Il y avait encore un pays réel susceptible de réagir à un ensemble de provocations qui ne s’étaient pas vues depuis les années 1870, qui avaient d’ailleurs quasi fini par amener le boulangisme aux affaires. Après l’infâme dix mai la vague de protestation avait gonflé jusqu’en 1984 puis elle avait reflué. La droite n’avait alors pas été trop débordée sur son aile droite parce qu’elle était encore la droite, au moins jusqu’en 86. Relisez les textes de l’époque et vous comprendrez ; on n’avait pas besoin d’écoper...

Mais là, rien. Plus rien. La France gobe tout et avale tout. Il faut dire qu’avec la droite nouvelle, on serait, comme on dit, logé à la même enseigne... Il faut dire aussi que sur le plan diplomatique l’actuel pouvoir n’apporte rien de nouveau : avec Chirac et Sarkozy nous étions déjà inféodés. Quant aux impôts... Qui regrettera le bon vieux temps d’avant mai 2012 ? Une poignée d’exilés qui ne sont pas non plus des modèles. Je ne parlerai même pas de l’immigration.

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2 août 2013 - lien permanent
Les charges de la brigade Kascher
Ravi Jacob fait mousser Gougenot à Tartessos
par Nicholas-Kurt Heil

Les animaux se sont retirés dans leur montagnes pour leurs pâtures, ratures et leurs littérature ; on nous a cependant envoyé trois chroniques déjantées d’Horbiger et les siens. Les travaux de copie ont été supervisés par Saul pleureur et Phileas Frog.

Deuxième charge.

***

Nous sommes à Tartessos avec Horbiger et les animaux.

Le chinchilla ravi Jacob fait des bons d’épargne depuis qu’il a lu, grâce à une imprudence du renard du dessert Maréchal Grommelle - il est vrai torturé par son amour improbable pour la générale chatonne ! -, Gougenot des Mousseaux, gentilhomme français et chambellan du pauvre et oublié Charles X, qui publia sous le Second Empire (en 1869) un bon petit livre sur la seule et vraie suprématie : "Le Juif, le judaïsme, et la judaïsation des peuples chrétiens".

- Ce livre n’est pas antisémite ! Il est une célébration au contraire ! C’est un hommage du petit vice à la vertu et il fait faire mousser Gougenot (gouzno signifie derrière en russe, préparez-vous à recevoir un coup de pied !). On a enfin...

- La pieuvre !

- La pieuvre non, pardon la preuve de notre supériorité transcendantale ! Supériorité qui n’est pas seulement intellectuelle (comme vous le savez, nous détenons 30 % des prix Nobel, et nous avons fourni à l’humanité, Moïse, Jésus, Spinoza, Freud, Einstein, Karl Marx...) mais physique !

- Physique ?

- Silence, étoile de D...avide.

- La bave aryenne du crapaud bavarois n’atteint pas la blanche colombe de Noé. Je vous lis Gougenot, téléchargeable gratuitement quelque part sur le web :

« A cette supériorité intellectuelle du Juif que vient de signaler notre plume, et qui, dans l’état où se trouve notre monde, nous présage la suprématie prochaine des fils de Jacob, nous devons ajouter une supériorité physique étrange, et que jusqu’à ce jour aucune raison tirée de l’ordre naturel n’explique d’une manière acceptable. »

- Entendez-vous, petits cornichons à plumes et à poil, petits gentils en voie de disparition comme disait Nabe encore ! La supériorité physique est inébranlable et elle s’appuie sur notre ubiquité : nous sommes partout parce que nous sommes en Meyer santé !

- Tais-toi, ravi, tu nous écoeures !

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31 juillet 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Léon Bloy et la catastrophe de la vie littéraire
par Nicolas Bonnal

L’immense quantité de livres fait qu’on ne lit plus.

Bonald (en 1817)

Bloy est peut-être un réactionnaire en politique et religion (encore qu’il n’y ait rien de plus révolutionnaire que le christianisme, mais bon...), mais il est certainement un critique d’avant-garde et un vrai contemporain des littérateurs du futur. A l’époque où l’on peut encore reconnaître quelque chose, il reconnaît immédiatement le génie de Lautréamont, célèbre le Verlaine de "Sagesse", il est l’ami de Huysmans et de Mirbeau (un grand auteur vraiment méconnu, lui, essayez un peu de lire "La 628-E8" pour voir !), il répugne à l’appréciation bourgeoise et scolaire de l’art ; mais en même temps il voit le contenu méphitique de cette célébrité industrielle naissante, la faiblesse souvent de son inspiration et l’obsédant gâchis de la ligne. Dans le chapitre VI de "Belluaires et Porchers"(1), il s’en prend à la figure renommée de Goncourt, qui donnera son vain nom à la non moins vaine académie que l’on sait, et il dénonce ce déluge de phrases qui marque notre monde sans fin, sans dignité et sans projet :

« Le Messie ne s’appellera plus le Verbe, il se nomme désormais la Phrase. C’est la caricature de l’Infini, c’est l’infécondité même déclarant son antagonisme à la Parole Initiale qui fit éclater les douves de l’ancien chaos. »

Ici Bloy touche une de ses intuitions fortes : l’industrialisation de tout permet de tout parodier, comme l’Ascension même est parodiée dans l’escalade de la tour Eiffel... la célébrité devient une usine comme le voyage. La fin du dix-neuvième siècle très critiquée aussi par Tolstoï dans son exceptionnel essai sur l’art produit une quantité d’écoles, de chefs d’oeuvres, de génies, de grands esprits, de critiques d’art, de tout cela. Mirbeau en parle dans un article célèbre qu’il a consacré à la peinture. J’en cite les phrases les plus goûteuses si j’ose dire :

« De toutes parts, le flot de peinture arrive, vomi on ne sait d’où, roulant on ne sait quoi. Et cela monte, s’enfle, déborde, déferle tumultueusement. Nous nageons dans l’huile diluvienne ; nous nous noyons dans des vagues de cadmium, nous nous précipitons dans des cataractes d’outre-mer, nous tournoyons emportés comme des maelströms de laque garance. Où donc est l’arche qui nous recueillera et nous sauvera de ces cataclysmes ? »

C’est ce qu’on appellera le règne de la quantité ! Et l’on ne payait pas encore cent ou deux cents millions pour un tableau !

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29 juillet 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Tourisme : Léon Bloy contre la tour Eiffel
par Nicolas Bonnal

Je ne sais pas ce que des millions de touristes - des dizaines de millions ? - vont chercher chaque année sur la tour Eiffel, mais je peux au moins évoquer ce qu’en pensait Léon Bloy de cette tour Eiffel.

Catholique désespéré, Léon Bloy cherche des signes à son époque qui est aussi la nôtre. Il se voit commentateur de la Fin des Temps et tente d’interpréter les manifestations eschatologiques à son entour : la guerre des Boers (abattre la puissance impériale et commerciale anglaise), la Grande Guerre et la Prusse (le meurtre du monde), les Cosaques et le Saint-Esprit (à la veille de la révolution russe !), les progrès de la médiocrité bourgeoise et les progrès aussi de la mécanique, de la médecine et de l’industrie qui mettent fin à une civilisation agricole vieille de plusieurs millénaires. Les images qu’utilise Jésus sont toutes issues de l’agriculture et de la terre : aussi l’Evangile, qui est le code des sociétés, compare perpétuellement le royaume à la famille agricole, dit Bonald. Or ce vieil ordre prend fin, et l’on retombe dans le monde antédiluvien de Babel et de Tubal Caïn, le monde d’une énorme industrie créant un nouveau type d’être vivant. Les grands romans initiatiques de Tolkien, cet autre catholique inspiré, illustrent aussi ce passage d’un type de monde à un autre. Les guerres mondiales avec leur 80 millions de morts ou plus, en seront une belle manifestation.

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26 juillet 2013 - lien permanent
Les charges de la brigade Kascher
Horbiger et les animaux lisent Madison Grant dans le texte
par Nicholas-Kurt Heil

Les animaux se sont retirés dans leur montagnes pour leurs pâtures, ratures et leurs littérature ; on nous a cependant envoyé trois chroniques déjantées d’Horbiger et les siens. Les travaux de copie ont été supervisés par Saul pleureur et Phileas Frog.

Première charge.

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On est sur les hauteurs dans une ambiance studieuse. Déçus par la guerre sous Marine qui n’a pas marché (ce n’est pas une première !), les animaux lisent Madison Grant, le célèbre zoologue et penseur raciste américain, qui voit se profiler au début du siècle passé (siècle de toutes les occasions perdues) le déclin de la race blanche et même et surtout nordique. Tout cela est bien triste surtout que nos contemporains n’en ont aryen à foutre. Horbiger lui, concernant les heures les plus fou rires de notre histoire, ne regrette aryen. L’ara Petacci, reprenant Edith Piaf, dit même tout de go : je me fous du procès... (NDLR : au lieu de « je me fous du passé » ; ok, on continue alors !)

C’est le pingouin magellanique Steven Spitzberg qui aujourd’hui fait la lecture de "The Passing of a Great Race" :

- Chers amis aryens...

- A foutre !

- Ravi Jacob ! A la chambre à base !

- Chers amis aryens à poil et à fourrure et à plume d’oie, nous allons voir les conséquences de la guerre de ces flexions...

- De Sécession.

- Merci, de Sécession par conséquent sur le peuplement américain. Rappelons que pour le vénéré Stoddard (vénéré par le vénérable Nicholas-Kurt Heil), l’Amérique anglo-nordique et celtique de Fenimore Cooper avait créé la plus belle race depuis les Grecs ! Voici :

« The colonial stock was perhaps the finest that nature had evolved since the classic Greeks. It was the very pick of the Nordics of the British Isles and adjacent regions of the European continent - picked at a time when those countries were more Nordic than now, since the industrial revolution had not yet begun and the consequent resurgence of the Mediterranean and Alpine elements had not taken place. »

- Très bien, continue Steven Spitzberg !

- Mieux vaut Stoddard que jamais !

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24 juillet 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Léon Bloy et la prochaine destruction touristique du paradis terrestre
par Nicolas Bonnal

La plus belle affaire du monde serait
le lotissement ou la vente au doigt
mouillé du Paradis terrestre.

C’est les vacances et c’est donc le moment d’enfoncer un peu le clou. Car les chrétiens du Moyen Age ne partaient pas en vacances ; s’ils se mettaient en mouvement c’était pour marchander (il n’y a aucun mal aux foires de Champagne !), s’initier par l’aventure chevaleresque ou, encore plus noblement, se croiser ou partir en pèlerinage. Ils ne faisaient pas du tourisme, nos chrétiens. Ils migraient dans le monde.

Les romains avaient déjà dépoétisé la réalité, leur paganisme pragmatique et consumériste recyclant la nature en commodités ; c’est ainsi que les fontaines sacrées des Gaulois devenaient de simples spas. C’est le christianisme qui, comme l’a compris Chateaubriand dans sa modèle étude sur le génie de cette "religion", rendit à la nature sa dignité et ses droits et l’arracha au bitume romain.

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22 juillet 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
1920 : Chesterton et l’ordre mondial américain
par Nicolas Bonnal

Le scandale fatigant de la NSA et du fuyard Snowden nous éclairent un peu plus sur l’omniprésence de Big Brother et la verve indécente de l’oeil dans la tombe qui regarde Caïn. Dans le monde néolibéral on nous confirme tous les jours que nous travaillons moins bien et coûtons plus cher que les robots qui nous remplaceront, mais que nous sommes pourtant bons à être gardés comme des vaches avec notre code-barres tatoué au front. A quand l’abattoir pour en finir avec tous les fauteurs de la dette immonde ?

Il est évident aujourd’hui que toutes les vraies menaces contre nos libertés et les productions intellectuelles néo-totalitaires viennent d’Amérique et du monde anglo-saxon. Elles ont été sciemment pensées et préparées depuis des siècles. Il n’est pas jusqu’à l’islam saoudien et qatari de nos banlieues qui ne soit l’héritier du preux Lawrence ou une promotion du grand business planétaire. Et nous nous battrons jusqu’au dernier soldat français pour exterminer avec Hollande ou Sarkozy les régimes laïcs de tout le monde arabe et installer en même temps les Frères musulmans à la maison.

***

En 1920 Chesterton visite l’Amérique et voit déjà y poindre tous nos désastres : le crépuscule des libertés, le contrôle de notre santé, la dictature humanitaire et féministe, la tartuferie paritairement correcte, le contrôle technoscientifique. On ne craint pas encore l’antisémite ou l’intégriste, on craint alors le communiste (pourtant installé à Moscou par l’argent des banques US) ou le buveur d’alcool. Et on le contrôle, parce que dans le paradis des libertés dont se moquent alors d’autres génies comme Kafka ("Amerika") ou Céline (le "Voyage"), on ne lésine jamais sur les moyens. On est des problèmes solveurs, dirait Audiard.

Avant nos fouilles humiliantes et immondes dans les aéroports, Chesterton décrit le passage aux douanes de la nouvelle inquisition ; je laisse tel quel son anglais si limpide. Ce francophile écrivait vraiment pour ce qui restait d’esprit français à son époque :

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19 juillet 2013 - lien permanent
Bientôt sur vos écrans
Présentation des citoyens vigilants
par Nicolaï Kolkhose

« Car le fantastique me tourmente comme toi-même, aussi j’aime le réalisme terrestre. Chez vous, tout est défini, il y a des formules, de la géométrie ; chez nous, ce n’est qu’équations indéterminées. »

Le Diable (dans les "Frères Karamazov")

Les axes

Les citoyens vigilants se veulent des dénonciateurs du système actuel et de la mondialisation ; ils recyclent les peurs de l’an 2000 et d’après par passion et inactivité comme des millions d’internautes. C’est un mixte de peur millénariste, d’anticapitalisme et de paranoïa cybernétique. Ces angoisses ont déjà été traitées par Kubrick (2001), Godard (Alphaville), Terry Gilliam (Brazil), Woody Allen (Woody et les robots) et bien sûr par Fritz Lang (Metropolis). Littérairement les citoyens vigilants sont les héritiers de Thoreau ("Walden"), de Debord bien sûr, de William Gibson ou de Villiers de l’Isle-Adam (les "Contes cruels"). Ils sont vite un peu ridicules dans leur pose, mais il n’est pas facile de venir à bout de leur conviction - ou de leur absence de conviction concernant la vérité officielle.

Marginalisés socialement, les citoyens vigilants en veulent aux médias dominants et aux experts officiels et cherchent bien sûr à trouver d’autres filières explicatives. L’arrogance des dominants du jour, la crise des élites occidentales et de leur système, financier ou autre, les conforte dans leur paranoïa positive (expression d’Axel Proyas, réalisateur du très bon Dark City).

Leur vision conspiratrice permet aussi de donner une dimension un peu surréelle et rimbaldienne à un quotidien bien médiocre. Elle leur permet d’oublier chômage et pauvreté, de respirer, de s’occuper et de s’échapper mentalement, elle fuit donc relativement les obsessions polémiques des uns ou des autres. L’énorme majorité des sites conspiratifs sont d’ailleurs préoccupés par des problèmes strictement contemporains de l’explosion technologique (la surveillance, l’obsession sécuritaire, l’écologie, le réchauffement, l’alimentation, les guerres américaines post guerre froide, le contrôle mental) des trente ou cinquante dernières années. Il n’y a pas de vieilles lunes réactionnaires derrière, bien plutôt une volonté citoyenne, mêlée à une imagination volontairement débridée, de contrôler le jeu des nouvelles élites en circulation. Le devenir technologique de toute réalité est l’objet des théories conspiratrices.

Le propos est d’éviter la diabolisation des théories de la conspiration tout en relevant leur part humaine, trop humaine d’exagération. Il est aussi important de souligner que les gens qui passent leur temps connectés sont ceux qui aiment se sentir surveillés...

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17 juillet 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Pourquoi Bossuet est un génie (et pas François Hollande)
par Nicolas Bonnal

Bossuet est le plus grand de nos écrivains maudits. Tout le monde a lu en choeur nos poètes maudits, les Verlaine, Rimbaud et Baudelaire ; mais qui a lu Bossuet ? Il a été censuré, comme dit Paul Hazard, dès la fin du règne de Louis XIV et il s’est enseveli avec la France et le Grand Siècle. Mon prof de grec se moquait déjà de notre ignorance en la matière (l’aigle de Meaux), oubliant que la censure démocratique et républicaine avait eu un effet ignifuge.

Car, d’un autre côté, cette censure laïque et obligatoire fit mes délices : j’ai toujours été le seul à lire Bossuet, et à le relire, même à l’insu de Léon Bloy qui lui reproche son gallicanisme. Car Léon Bloy me surveille.

Un des bons conseillers en la matière (de l’Aigle de Meaux) me paraît être le pompeux Paul Valéry : notre ex-poète officiel se fendit de deux pages d’éloges du plus grand génie de notre langue, qui n’a d’égal dans toute l’Histoire que Tacite, Thucydide (je le trouve en effet plus historien que rhéteur) et peut-être Gracian, l’autre Grand de la prose baroque à la même époque, aussi peu lu que notre maître. Valéry explique que Bossuet écrit comme personne, qu’il est le dieu avec une plume ; mais que ce qu’il écrit ne nous intéresse plus. Quoi ? Le "Sermon sur l’ambition" ou "sur la mort" moins intéressant que les petites histoires d’éphèbes grecs ou les cimetières marris ? Je demande à voir... Bossuet prépare à la vie et à la mort comme personne. Il n’est pas là pour nous raconter des histoires ou nous filmer des sketches. Il n’est pas là pour nous distraire.

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16 juillet 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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