Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 137 du 22 novembre 1997 - pp. 6 et 7
Dernières nouvelles du Marigot
La France malade du virus marcusien

Parmi les techniques de la désinformation-manipulation, une des plus élaborées consiste, lorsque l’on ne peut plus protéger un secret, à anticiper sa divulgation de façon à priver l’adversaire des fruits de sa révélation, à le réduire à l’anecdote ou à lui enlever toute crédibilité.

Cette tactique oblique fut inaugurée, voilà un siècle, par Léo Taxil.

La Puissance maçonnique, alors en pleine lutte pour le pouvoir, fabriqua un dossier délirant contre les loges. Un adepte, Gabriel Jogand-Pagès, pornographe anticatholique, feignit alors une conversion brutale et inonda la presse catholique de "révélations sensationnelles" sur le commerce de ses anciens frères avec le Prince de ce monde.

Les naïfs ferrés, Jogand-Pagès, alias Léo Taxil, confessa publiquement le canular. Ridiculisant du même coup ceux qui avaient prêté foi à ses élucubrations et interdisant à jamais toute référence au caractère satanique de la secte.

Voilà dix ans, une méthode comparable a été appliquée dans l’affaire du "serment des B’naï Brith".

En 1986, au lendemain des élections législatives emportées par la coalition RPR-UDF, Présent s’étonnait d’avoir lu, dans Le Monde du 26 mars 1986, un communiqué de la secte rappelant « aux représentants des partis de la nouvelle majorité leurs engagements pris au cours des forums du B’naï Brith, devant la communauté, de ne s’allier en aucun cas au Front national ».

Aussitôt, pour étouffer un secret qui, jusqu’alors connu des seuls milieux communautaires, avait, par maladresse ou excès de zèle, transpiré dans la presse laïque, les relais de désinformation furent actionnés.

D’abord le silence. Ni les partis mis en cause ni les journalistes de la grosse presse ni les dirigeants B’naï Brith ne daignèrent répondre aux questions posées sur la nature précise de cet accord.

Contre toutes les règles, le Premier ministre d’alors, Jacques Chirac, laissa obstinément sans réponse la question écrite d’un député du Front national.

Ensuite le mensonge officiel, revêtu du sceau de la légalité républicaine. En mars 1991, le rapport annuel de la commission des droits de l’homme décréta « imaginaire » le serment en question.

Puis la dérision. Juppé fit interdiction de répondre « aux élucubrations d’un journaliste » et le "spécialiste de l’extrême-droite" Pierre-André Taguieff qualifia la référence à ce serment de « délire intégral ».

Enfin la mise à l’index. En 1993, Tribune juive dénonça « la fable de l’engagement donné au B’naï Brith de ne pas s’allier au Front national ».

Le résultat de ce matraquage est qu’aujourd’hui, contre toute évidence, contre les preuves diffusées à plus de cent mille exemplaires dans cinq éditions de "Ce que l’on vous cache", brochure où Jean Madiran explique « comment a été imposé l’interdit de ne s’allier en aucun cas au Front national » ; malgré le dossier publié par Emmanuel Ratier dans "Mystères et secrets du B’naï Brith" ; malgré la production des coupures du Monde et du Bulletin de l’Agence télégraphique juive faisant état de ce serment, les électeurs français les mieux informés ignorent ou refusent de croire que les partis de la droite commerciale sont asservis par une secte maçonnique.

***

La même stratégie du "mentir vrai" vient d’être, une fois de plus, mise en oeuvre par un orfèvre : l’ancien stalinien Jean-François Kahn.

Dans sa dernière livraison, Marianne publie un "Who’s who" des gauchistes convertis aux exigences de la Réal-Politik.

Le bon peuple n’y voit qu’un mauvais tour de l’incorrigible Kahn à ses anciens camarades.

Or, la vérité est qu’il s’agit d’un brouillage visant à banaliser l’omniprésence de plus en plus évidente de ces « convertis » qui en vérité, comme les maranes n’ont rien renié.

Loin de faire une fin en feignant de se rallier, ces révolutionnaires en costume trois pièces poursuivent en effet sans relâche leur rêve de jeunesse qui est de tuer la civilisation occidentale.

Simplement, la violence terroriste ou le poison culturel n’ayant pas suffi, ils recourent à la contamination.

Leur virus : l’idéologie marcusienne, un extravagant cocktail de philosophie marxiste et de licence sexuelle, qui explique aussi bien les provocations de la Gay Pride que l’obscénité de Jospin absolvant les crimes communistes à la tribune de l’Assemblée.

Dans ces événements apparemment sans lien, on reconnait en effet le schéma marcusien, véritable "roue de secours" du totalitarisme marxiste.

Père du "gauchisme" soixante-huitard dont l’autre idole fut le Vichinsky cubain "Che" Guevara, Herbert Marcuse, Berlinois devenu américain, fut formé aux techniques de la manipulation mentale par les services spéciaux US auxquels il appartint dans les années quarante. Dix ans plus tard, il allait mettre cet acquis au service de la révolution mondiale en inventant une méthode de soutien, voire de substitution, à la subversion communiste.

Dès lors, l’idéologie marcusienne inaugura le parcours que le Sida allait suivre dix ans plus tard.

Né dans les universités américaines au temps de la "libération sexuelle" et du "flower-power", le mal gagna l’intelligentsia mondiale. Puis, ses adeptes soixante-huitards vieillis de vingt ans et portés à des postes de commande, il s’imposa comme référence culturelle.

Etre marcusien devint un "must" comme être sidéen l’est devenu (que l’on ne voie pas dans cette analyse un fantasme d’extrême droite : elle fut l’objet, voilà trois ans, de multiples commentaires dans la presse gauchiste).

Les résistants furent médiatiquement liquidés : Pauwels, décrété crétin national pour avoir diagnostiqué le "Sida mental", son maitre-disciple Alain de Benoist, banni des médias pour avoir attiré l’attention de la bourgeoisie sur les dangers du marcusianisme, et le Fig Mag disqualifié par une formidable campagne de terrorisme politicorrect qui culmina avec l’attentat de la rue Copernic mensongèrement imputé à la "nouvelle droite".

Sidérée, terrorisée, muselée à jamais, celle-ci rentra piteusement dans les rangs politi-corrects derrière de Benoist qui se rallia sagement aux contempteurs les plus haineux du nationalisme.

***

Aujourd’hui, la génération Marcuse détient sans partage tous les pouvoirs :

- culturel, avec le lobby Lang-Toubon qui contrôle le marché de l’Art ;

- médiatique, avec des gens comme Alexandre Adler, ancien communiste et incontournable kremlinologue de télé-achat, Giesbert, ex-gauchiste porté à la direction du Figaro, Michel Field, vieux trotskyste devenu nouvelle star du petit écran, Etienne Mougeotte, ex-agitateur syndicaliste étudiant élevé à la direction de TF1, Eric Izraelewicz et Edwy Plenel, caïds au Monde, plus la quasi-totalité des chroniqueurs des radios télévisions d’Etat ou commerciales ;

- économique, avec Trichet, ex-PSU devenu patron de la Banque de France, Blanc, ex-gauchiste porté à la présidence d’Air France, Peyrelevade, banquier d’extrême gauche, Kessler, dur de dur du CNPF et ancien socialiste ;

- religieux, avec l’épiscopat le plus compromis du monde occidental, avec le repentant Berranger, ancien bolcho porteur de valises, mais aussi avec l’ex-commissaire politique de la gauche prolétarienne, Benny Lévy, devenu rabbin ultra-intégriste ;

- politique, avec Jospin et son gouvernement, le premier constitué d’enfants de Mai 68, mais aussi avec les RPR Mazeaud, ancien militant anarchiste qui « hait Le Pen », ou Lellouch, ex-socialiste, ou l’UDF Léotard, déserteur transfuge du maoïsme et tant d’autres.

Formée sur les barricades, cette armée de l’ombre est en passe de l’emporter sur les trois nouveaux champs de bataille révolutionnaires où Marcuse conseillait de briser « l’embourgeoisement du prolétariat occidental qui éteint la lutte des classes » :

- le champ intellectuel. Il est sous contrôle des idéologies destructrices de la tradition (féminisme, tiers-mondisme, pseudo-antiracisme et écologie) ;

- le champ sociopolitique. Y campent ceux que Marcuse appela les « révolutionnaires potentiels » : laissés pour compte du progrès (chômeurs, nouveaux pauvres), inactifs (étudiants) et « déclassés sociaux » (drogués, homosexuels, fous et prisonniers).

- le champs identitaire. Défendu par les barbelés du prétendu antiracisme, il est occupé par les immigrés que Marcuse appelait « révolutionnaires nés ».

Enfin, la presse, la télévision, le cinéma, la littérature, la chanson, bref, tout l’appareil de la collaboration avec ces puissances occupantes s’emploie à disqualifier le concept même de normalité en banalisant les déviations et aberrations de tous ordres (social, mental, comportemental, religieux, sexuel, etc.).

Cette inversion se généralisant, c’est la famille, l’hétérosexuel, le patriote, le catholique qui, suspects d’adhésion à "l’Ordre moral", sont disqualifiés par l’étiquette infamante de "fascistes".

Fascistes, auxquels la "défense des droits de l’homme" commande d’appliquer la phase ultime de la révolution marcusienne déjà inscrite sur les murs de la Sorbonne en 1968 : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

L’arsenal législatif Pleven-Gayssot et la jurisprudence qui l’applique avec une sévérité politiquement modulée y pourvoient.

Pour les marcusiens, la cible est la civilisation occidentale.

Ils y voient l’incarnation de la primauté du principe masculin, du "père", du Dieu des chrétiens, et de son prolongement esclavagisé : la famille (femme asservie, enfants dominés) ; enfin, de la « libido scientifique » (sic).

C’est contre cette civilisation que les loges ont soutenu, voire organisé les troubles de la révolution marcusienne de 1968 : « Quel organisme, plus que la loge maçonnique, a été de tout temps et demeure aujourd’hui le centre de la contestation ? » plastronnait à l’époque le Grand Maître du Grand Orient.(1)

Aujourd’hui, la plupart des vedettes des barricades ont rejoint les loges. Députés, ministres, journalistes, écrivains, magistrats, fonctionnaires, policiers, responsables d’associations, vedettes du chobize, professionnels de l’Agit-prop’, ils assurent le matraquage de l’idéologie du Frère Herbert Marcuse, membre éminent de la secte des B’naï Brith...

Alain Pascal
Serge de Beketch

(1) On lira avec profit "la Trahison des initiés, la Franc-maçonnerie du combat politique à la guerre de religion" d’Alain Pascal. Ed. l’Aencre.
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