Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 293 du 15 mai 2003 - p. 6
Avant Brigitte Bardot, le DPS calomnié
FR3 c’est télé-mensonges

Le 28 février 2002, France 3 avait, après une très forte campagne d’annonces, diffusé dans l’émission Pièces à conviction, présentée par Elise Lucet, un reportage très dramatisé sur les prétendues activités occultes du DPS, le service d’ordre intérieur du Front national.

On y voyait un accusateur, Claude Hermant, lancer contre les « milices de l’extrême droite » des révélations formidables : « Ayant infiltré le DPS, j’ai découvert, expliquait à visage découvert ce courageux démocrate, l’existence d’une sorte de secret à l’intérieur du secret. »

Et de révéler que des membres du DPS triés sur le volet et appelés « fantômes » se livreraient à des opérations secrètes de provocation à l’émeute dans les territoires occupés.

A l’appui des ses dires, l’accusateur conduisait l’équipe de tournage dans une visite des cités occupées où, à l’en croire, il avait participé à une opération de ce genre.

Autre accusation : le DPS se serait livré au trafic d’armes, fournissant du matériel sur simple appel téléphonique codé. Et l’on voyait notre héroïque chasseur de nazis entraîner le cameraman dans un motel où, à l’en croire, un homme du DPS alerté par un mot code avait dissimulé une arme dont il allait prendre livraison.

L’arme se révéla un ridicule pistolet de dame et, du coup, la démonstration, qui évoquait les filières yougoslaves, perdit légèrement en intensité dramatique mais les réalisateurs de l’émission s’en contentèrent.

Ils se bornèrent à « consolider le dossier » en donnant la parole à un flic nommé Ventre (on prend ce qu’on trouve...) et, finalement, tentèrent de se couvrir en permettant à Bruno Gollnisch de faire savoir que ce tissu d’âneries relevait de la psychiatrie en milieu fermé et que le Front allait bien entendu porter plainte.

Sali devant 4 millions de téléspéctateurs, lavé dans la XVIIe Chambre !

Le verdict vient d’être rendu : la XVIIe chambre du tribunal de grande instance de Paris a salé l’affabulateur Claude Hermant et le responsable légal de cette petite saloperie, Marc Tessier, le PDG de France 3, et décrété « diffamatoires les imputations de vouloir créer le désordre au moyen d’actions violentes et illégales pour augmenter l’électorat du Front national, de se livrer à du trafic d’armes et de faux papiers, de se livrer à du trafic d’armes de guerre au siège du FN ».

Le tribunal a en outre apporté à cette affaire l’explication qui manquait : une vengeance personnelle d’Hermant qui en voulait au chef du DPS.

C’est bien possible.

La question est de savoir par quelles manoeuvres un différend entre deux quidam a pu aboutir à la mise en cause, dans un véritable procès stalinien télévisé, d’un parti tout entier, de ses dirigeants, de ses permanents, de ses militants et de ses électeurs.

A cette question le tribunal n’a d’ailleurs pas craint de donner un début de réponse.

En juin 2001, Hermant avait déjà fait ses confidences à un employé de Ration. Ce dernier, poursuivi pour cet article sur plainte du responsable du DPS, avait comparu en justice avant la diffusion de l’émission à laquelle il participait et avait pu entendre Hermant démentir devant le tribunal les accusations qu’il avait portées.

Les auteurs de l’émission savaient donc qu’ils diffusaient un mensonge, se rendant ainsi sciemment complices d’un règlement de comptes par calomnie et diffamation.

Cela ne les a pas arrêtés.

Ils ont été punis, dira-t-on, et justice a été rendue au Front national.

Question : Quand cela a-t-il été annoncé à l’antenne ?

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page