Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 292 du 24 avril 2003 - p. 12
Où va la droite nationale ?
VIII
Fabrice Robert :
« L’affaire Brunerie nous a permis de faire le ménage dans nos rangs. »

« Le Libre Journal » : Maxime Brunerie, Unité radicale, connais plus ?

Fabrice Robert : Nous avons - avec Guillaume Luyt - accepté d’affronter les conséquences du 14 juillet 2002 [ndlr : date à laquelle Brunerie a tiré à la 22LR en direction de Chirac, à 150 m], alors que beaucoup ont subitement oublié qu’ils avaient fréquenté Maxime Brunerie.

Que les choses soient bien claires. Nous ne cautionnons pas l’acte de Maxime. Mais nous avons tenu à lui apporter notre soutien moral. Car jusqu’à ce 14 juillet c’était un jeune militant comme beaucoup d’autres : enthousiaste, déterminé et sérieux. Pour des raisons que nous ignorons, il a basculé soudain.

Et puis, comment s’étonner de l’acte insensé de Maxime quand on affronte un système qui manoeuvre pour priver de toute représentativité ceux qui votent mal ? Aujourd’hui, les petits Blancs sont, en France, les sans-voix du suffrage universel.

L’affaire Brunerie est un signal fort, à la fois pour le Système et pour les militants identitaires, qui doivent se garder de sombrer dans la dérive terroriste.

Notons aussi que cette affaire nous a donné une occasion historique de faire le ménage dans nos rangs et d’en écarter mythomanes et provocateurs. Et je peux vous dire que nombreux sont ceux qui, au sein du camp national, ont été impressionnés par notre combativité face à la répression.

D’où venez-vous ?

J’ai commencé à militer en 1987, au FN, alors que j’avais à peine seize ans. Mais je me suis vite tourné vers « Troisième Voie », qui répondait mieux à mes aspirations. J’ai ensuite rejoint « Nouvelle Résistance », mouvement nationaliste-révolutionnaire dont je suis devenu le responsable pour la jeunesse. Dans le même temps, j’étais élu conseiller municipal FN à La Courneuve (93).

En 1997, j’ai participé à la création d’Unité radicale avec pour objectif de regrouper la tendance radicale et extra-parlementaire du mouvement national en France. Nous avons notamment travaillé avec le MNR, ce qui m’a amené à siéger au sein du Conseil national de ce mouvement. J’étais l’un des deux porte-parole d’Unité radicale - avec Guillaume Luyt - lorsque l’événement du 14 juillet est intervenu.

Enfin, très impliqué dans le combat culturel, je suis le directeur de publication de la revue Jeune Résistance, et l’un des principaux animateurs de l’association musicale Bleu Blanc Rock.

Et aujourd’hui ?

Au moment de la dissolution d’UR nous avions promis de rebondir très rapidement et d’engager une véritable révolution culturelle dans nos rangs.

En septembre, nous avons suscité la naissance du mouvement « Jeunesses identitaires ». Les « J.I. » ont déjà posé 50 000 autocollants, collé 5 000 affiches, tenu meeting à Lyon et à Aix, constitué des groupes sur tout le territoire national.

Le 16 novembre, 100 jours après l’assassinat judiciaire du site unite-radicale.com, nous avons lancé le site www.les-identitaires.com. Ce site traite aussi bien de géopolitique que de culture ou d’environnement, voire de gastronomie !

Enfin les « Assises identitaires », à Mâcon les 5 et 6 avril, ont consacré la naissance du mouvement « adulte » : le « Bloc identitaire ».

Et une structure de plus dans les jambes du mouvement national !

Permettez ! En septembre 2000, nous avions lancé un appel à la réconciliation à la base des forces nationales, loin des querelles de chefs. En dehors du Libre Journal, qui a salué cette initiative baptisée « coordiNation », nous n’avons rencontré que silence ou moqueries parmi les « autorités morales » du camp national. Du coup, l’unité, plutôt que de l’invoquer, nous nous efforçons de la pratiquer au quotidien.

Au « Bloc identitaire », toutes les sensibilités sont représentées. Sur le fond, nous nous retrouvons : identitaires, sociaux et européens. Sur la forme, nous voulons tous un mouvement de militants faisant la part belle à l’action et à la formation.

Nous n’avons aucunement vocation à nuire au mouvement national. Le « Bloc identitaire » entend, au contraire, développer un travail complémentaire au sien. Nous reconnaissons en effet sa légitimité sur le terrain du combat souverainiste, mais nous pensons qu’il y a la place, à ses côtés, pour une autre forme d’engagement qui ne se cantonne pas à la sphère électorale. Nous ne faisons qu’occuper un espace jusqu’ici délaissé.


Fabrice Robert : ex « Unité radicale » (dissoute), président du tout nouveau « Bloc identitaire ».
Contact : Bloc identitaire, BP 13, 06301 Nice Cedex 04. <contact@les-identitaires.com>
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SOS-Farine

« Malek Boutih, président de SOS-Racisme, venait de terminer son intervention, à la tribune du débat sur la citoyenneté, organisé hier à l’école supérieure de commerce par le député UMP de l’Hérault, Jacques Domergue. Soudain, un groupe d’une petite dizaine de personnes, foulards et drapeau aux couleurs occitanes, s’est mis à jeter en sa direction des oeufs, de la farine et de l’eau. (...) L’action a été revendiquée peu après par les Jeunesses identitaires, un groupe proche de l’extrême droite, qui entendait dénoncer, dans un communiqué à Midi Libre, la "France en voie d’islamisation de Malek Boutih". Si le débat a pu aller à son terme, Jacques Domergue a réagi en dénonçant le "sectarisme" et déplorant qu’ "en France on ne puisse pas laisser s’exprimer des gens qui ont des opinions contraires" » !

K.M.
Le Midi libre, 13/04/03

Ndlr : Lire aussi page 5.
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