Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 283 du 17 janvier 2003 - p. 22
Nécrologie
† Albert Chambon, ambassadeur de France
(21 janvier 1909 - 28 décembre 2002)

L’ambassadeur Albert Chambon nous a quitté le 28 décembre 2002.

Avec lui, la France vient de perdre l’un de ses plus ardents et plus généreux défenseurs.

D’un désintéressement absolu, Albert Chambon était un lutteur, un résistant indomptable, qui jamais n’abandonnait le combat pour son pays, et jamais ne se résignait à son effacement ni à son déclin.

Deux fois cité face à l’ennemi lors des opérations militaires de 1939-40, il devint, sous l’occupation, Délégué national du Conseil national de la Résistance, chef du fameux réseau "Super-NAP", chargé de noyauter la haute administration, ce qui lui valut d’être déporté en 1944 à Buchenwald.

Nous avons eu le privilège de travailler avec lui alors qu’après les élections présidentielles de 1995, dans lesquelles il espérait l’annonce d’un renouveau du pays, il avait apporté publiquement son soutien à Paul Lambert, qui venait de fonder "La Voix des Français", en devenant l’un des membres les plus éminents du Comité d’honneur de ce mouvement voué à la préservation de l’identité française.

Angoissé, depuis le traité de Maastricht, par la nouvelle orientation de la construction européenne, qui s’accélérait au dépens de l’identité et de la liberté du pays, il avait, avec le général Pierre-Marie Gallois, fondé au début de l’année 2001 le "Comité pour une Europe Plurielle et Indépendante" (CEPI), dont le premier objectif était d’établir sans faux-semblants l’état des lieux réel de la situation de la France au moment même où celle-ci abandonnait le franc.

C’est au général Gallois qu’il confia cette mission peu plaisante, et c’est ce dernier qui s’en est acquitté avec la rigueur qu’on lui connaît, en faisant paraître, quelques jours avant la disparition de l’ambassadeur, le livre intitulé "Devoir de Vérité" aux éditions du Cerf.

L’ambassadeur se réjouissait de voir ce travail enfin édité, et, avec le CEPI, commençait à en préparer activement la diffusion qu’il voulait la plus large possible, face à la conjuration du silence d’une presse d’occupation, lorsqu’il fut terrassé le 15 décembre dernier par une attaque cardiaque.

Il a réservé les dernières lignes qu’il a écrites à la magnifique et prophétique préface qu’il a consacré au "Devoir de Vérité" : c’est le testament spirituel de ce grand Français et de ce grand chrétien qui est ainsi livré à ses compatriotes.

Je suis sûr de me faire l’interprète fidèle de tous les membres du Comité d’honneur de "La Voix des Français", et de tous ceux du CEPI, au travers de ces quelques lignes d’admiration, de reconnaissance et d’affection.

Philippe Bourcier de Carbon
Président du CEPI,
Président du Comité d’honneur de "La Voix des Français"
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