Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 283 du 17 janvier 2003 - p. 14
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Pseudo-science et propagande métisseuse

« L’évolution ? Un conte de fées pour grandes personnes ! »

Cette opinion de Jean Rostand prend tout son sens devant le mauvais coup perpétré par la télévision d’Etat avec le documentaire "scientifique" L’Odyssée de l’espèce diffusé sur FR3, télé d’Etat, après un ahurissant battage médiatique et avec la caution de l’inévitable Yves Coppens.

A l’évidence, l’idée n’était pas de présenter l’ensemble des recherches et des hypothèses en cours mais d’illustrer la théorie de Coppens et de lui seul à travers une "continuité évolutive" jouée par des acteurs humains maquillés avec plus ou moins de bonheur, pour illustrer « la progression des humanoïdes », des australopithèques à l’Homo sapiens.

Une "leçon" illustrée non par des preuves mais par des hypothèses présentées comme autant de quasi-certitudes, parmi lesquelles une imaginaire « reconstitution de langages » (moins talentueuse que celle de "La Guerre du feu" et sans le génie cinématographique ni les moyens financiers de Jean-Jacques Annaud).

L’essentiel était de faire passer le message : Nous sommes tous des Africains. L’Homme est né avec une peau noire dans la forêt des hauts plateaux d’Afrique centrale et s’est redressé en colonisant la savane jusqu’à marcher sur deux pieds, ce qui lui assurait une meilleure adaptation à la détection des prédateurs et à la fuite (sic !).

Corollaire inévitable : les races ne sont que des accidents ultérieurs dus au milieu. Comme si le petit-fils de Lucy avait blanchi en allant vers la neige du Nord pendant que son frère attrapait des yeux plissés à force de marcher face au soleil levant pour aller s’installer en Orient...

Evidemment, rien n’est moins démontré !

Ainsi, l’explication d’une évolution imposée par la nécessité de fuir et qui était une sottise dans la forêt où la course est impossible reste une ânerie pour la créature de la brousse ou de la savane parce qu’il n’existe pas de proie bipède capable de courir plus vite que son prédateur quadrupède !

Mais cela n’ébranle pas les certitudes de notre Nimbus du Collège de France qui, dans un entretien diffusé après le film (et que les téléspectateurs n’ont pas dû être nombreux à regarder), justifie les scènes imaginaires en proférant d’un air pénétré : « Ça aurait pu se passer ainsi ! »

Comme dirait le Titi : « Si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle... »

On pourrait en rire. L’ennui c’est que ce genre de raisonnement tambourinesque a des visées idéologiques et que les images sont fabriquées pour faire mieux avaler les invraisemblances et les contradictions d’une pensée moins scientifiquement avérée que politiquement correcte.

Deux exemples :

- Avec beaucoup de lyrisme, une évocation simpliste évoquant les gravures du Buisson Ardent de la Bible (hasard ou volonté de faire des Ecritures un conte pour sauvages ?) montre l’Homme découvrant le feu sur un bosquet en flammes et l’emportant aussitôt au bout de sa lance pour faire cuire des animaux ! Il faut n’avoir jamais été scout pour imaginer une acrobatie pareille !

La réalité est probablement plus simple, et nombre de voyageurs la redécouvrent tous les jours en Afrique : un animal mort dans un feu de brousse a servi à apaiser la faim d’un de nos ancêtres réduit à manger du cadavre et qui a ainsi découvert que la viande cuite était plus facile à mâcher, plus digeste et, finalement, meilleure que la viande crue ;

- Les néandertaliens sont supposés avoir disparu parce qu’ils étaient « moins bien adaptés aux nouvelles conditions du milieu et incapables de se croiser avec les Homo sapiens nouvellement arrivés » (sic).

Or rien n’indique d’abord que l’Homo sapiens ait une origine africaine commune avec le néandertalien. En revanche, la longueur des membres antérieurs de squelettes retrouvés dans des couches de terrain où voisinent les deux espèces semble indiquer un croisement entre néandertal et sapiens.

Mais, pour Coppens, cette hypothèse est irrecevable parce qu’elle implique l’origine polyphyllétique de l’Homme et donc, horresco referens, l’existence des races !

Alors, en trois images de figurants gesticulant, grimaçant et poussant quelques grognements, notre savant tranche à l’usage du grand public une querelle qui déchire le monde savant depuis des décennies.

Et le brave téléspectateur sort convaincu que son quadrisaïeul était un singe, son arrière-grand-mère le maillon manquant et son grand-oncle un coureur de savanes.

Ce qui lui interdit, bien sûr, de s’émouvoir quand sa petite dernière se laisse engrosser par un occupant des cités.

Allons, Coppens a bien mérité de l’apatride !

Saint-Plaix
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