Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 283 du 17 janvier 2003 - p. 7
Traditions
par Michel de L’Hyerres
Violence des jeunes et cerveau reptilien

« Ainsi pour vivre et mourir en paix,
il va falloir se battre.
 »

J’éprouve beaucoup d’estime et d’amitié pour le docteur Nghiem. Il a déjà publié en 1999 un ouvrage remarquable, "Musique, Intelligence et Personnalité" (éd. Godefroy de Bouillon). J’ai présenté ce livre dans un article (L.L.J n° 200) que je propose au lecteur de relire avant d’aborder un nouveau livre du même auteur, "La Violence des jeunes et le cerveau reptilien" (Consep).

le docteur Nghiem appartient à une famille vietnamienne d’origine mandarinale, occidentalisée, à forte sympathie chrétienne, persécutée par les communistes pour son appartenance à une société traditionnelle demeurée quasiment féodale.

D’où sa noble déclaration (p.73) placée en épigraphe de cet article.

Cet écrivain reprend les données de son livre précédent pour les appliquer, cette fois, à l’actuel déferlement de violence dans les banlieues, en disséquant les motivations de cette gueuserie en guerre contre la société républicaine mise en place à la Révolution.

Cet article va donc consister en une conversation courtoise entre deux traditionalistes, l’un de race jaune, l’autre de race blanche, en tentant de distinguer, chez ce savant auteur, ce qu’il recèle de bourgeoisie et d’aristocratie.

Car, lorsque je lui ai, une première fois, posé la question de son éthique, il m’a répondu être, avant tout, comme tous les médecins, pratique, soucieux de soigner ses malades en utilisant les procédés à sa disposition.

Donc une éthique "utilitariste", méthodique, scientifique, bourgeoise, née lors des "Lumières" avec Hume, Diderot, Helvétius, etc., et développée au XIXe avec, comme point d’orgue, la publication à Londres, en 1862, de l’ "Utilitarianism" de John Stuart Mill.

Quel est le fondement de cette philosophie ? Celle définie en 1772 lorsque Voltaire écrivait à Frédéric le Grand : « C’est l’attrait du plaisir qui doit nous conduire en tout » et « Il est bien certain qu’il faut jouir et que tout le reste est folie » (p.35).

Notre sainte religion catholique étant l’obstacle majeur qui empêche de « jouir sans entraves », il fallait l’abattre. Ce fut accompli sous la Révolution, acte de naissance politique du monde moderne, le nôtre, dont la philosophie sociale exposée par Ben Ham en 1822 proposait « le plus grand bonheur du plus grand nombre », la définition même du socialisme.

Mais pour rendre viable ce projet, la mentalité anglo-saxonne, pragmatique et austère, allait lui adjoindre l’esprit d’entreprise, le goût du risque et de la compétition, définition, cette fois, du capitalisme.

D’où la naissance de la social-démocratie qui, animée des meilleures intentions, nous conduit à la ruine du monde occidental et, si l’on se penche sur l’ouvrage du docteur Nghiem, à sa décadence et à l’ensauvagement de ses moeurs.

Notons tout de suite la connotation évolutionniste de l’auteur qui, « par commodité », utilise le concept de « cerveau reptilien » imaginé vers les années 1950 par le neurochirurgien Paul MacLean (p.31). Ce concept distingue :

- un cerveau ancien (archeo- puis paleocerebrum) qui contiendrait ce fameux "cerveau reptilien" gouvernant le comportement animal de l’homme : comportements vitaux de base, agressivité, fuite, recherche de nourriture, instinct de reproduction ;

- un cerveau nouveau (neocerebrum) constitué de deux lobes :

- le droit, émotionnel, celui de l’irrationnel, de l’imagination, de la rêverie, de la création, des passions et de la foi ;

- le gauche, intellectuel, celui de la conscience ou faculté de percevoir par les sens et de reconnaître le monde, celui de la raison, de la méthode, du concept (p.26).

Or la société traditionnelle, sur l’équilibre réalisé par l’Eglise, avait construit la civilisation. La libération des moeurs, alliée à la prolifération des techniques, conduit, nous l’observons chaque jour, à l’ensauvagement, selon l’auteur, par libération du cerveau reptilien (p.52) associée à une décivilisation, cause première du suicide des jeunes : « 12 000 morts par an » dans ce milieu où « on ne croit à rien, ni en Dieu, ni en Belzébuth, ni en Marx, Lénine ou Mao (...) dans un ghetto de misère spirituelle et intellectuelle absolue » (p.53).

A ce mal le docteur Nghiem propose comme remède ce que nous préconisons depuis des lustres. Le retour à la "société traditionnelle" (p.73), c’est-à-dire la négation de la société moderne, bourgeoise, égalitaire, où « l’on pense pouvoir acheter la paix avec du pain, des jeux, le sexe et la drogue offerte à 95 % de la population » (p.24) avec, comme conséquence, « la domination de l’étranger, des financiers mondialistes anglo-saxons » (p. 85), conformément, selon nous, au projet sioniste.

Et l’auteur de conclure (p. 118) : « Les rois ont cherché à unir par le coeur et ont créé la France autour du trône. La république a voulu rassembler par la raison et a provoqué la dissolution générale. C’est tout à fait conforme aux neurosciences. L’amour unit mais la raison (les intérêts) divise. »

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