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L'après Libre Journal

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En exclusivité sur France Courtoise

Un ange revenu de tout sans être allé nulle part redescend sur terre. Tout le génie de l’humanité y est dévoré par le commerce, ce chancre du monde, et la satanique dictature des mètres carrés. Dans ce monde sans foi ni loi, l’ange trouve une compagnie de partisans bien décidés à demeurer des bolcheviks en goguette. Il y a donc d’Artagnan, voleurs de m², et son stupide et drôle Mandeville.

Il descend une première fois aux Enfers où il sympathise avec les génies du politiquement incorrect et un dénommé Horbiger, qui comme tous les Nimitz, fait et dit de grosses bêtises. Néanmoins, une redescente aux Enfers, plus difficile celle-là, lui permet de comprendre à quelle sauce l’humanité va être mangée : à coups de chambre à Geist et de poussée des peuplades infernales qui chassent les citoyens de leur logis.

Bien informé par le gnostique rebelle Valentin, notre héraut comprend ce qui se trame. L’ange rebelle, qu’on nomme aussi Gerold, et qui se prend aussi pour le narrateur, revient à lui sur cette terre qui est en enfer.

9 janvier 2012 - informations temporaires
Après l’Apocalypse
Dracula, les zombies et les infrastructures européennes
par Nicolas Bonnal

L’actualité économique du XXIe siècle relève de la littérature de l’horreur. Nous avons deux familles qui se disputent la vedette : celle des zombies et celle des vampires.

- Les zombies sont tous ceux qui vivent au frais des contribuables et donc de la dette. Ils sont de plus en plus nombreux, comme le remarque Bill Bonner, et ils regroupent bien sûr tous les fonctionnaires et tous les militaires et aux autres professionnels de l’insécurité, qui ont pris le pouvoir en Amérique comme le remarquait le grand candidat républicain Ron Paul. Les zombies ne sont pas destinés à s’éteindre : ils dont destinés à étendre leur influence et à convertir en emplois zombies les emplois sains de l’occident, de la planète. La mauvaise monnaie ne chasse-t-elle pas la bonne ? Tant que l’on pourra faire bonne impression (de billets), comme Draghi le bien nommé, Bernanke ou bien Lagarde, on n’aura pas de souci à se faire.

- Les vampires, eux, relèvent plutôt des élites mondialisées dont parla un jour un regretté ministre. Ils ont décidé de l’immigration, de l’ouverture, de la privatisation, ils représentent un pour mille de la population et bientôt 50 % des revenus et du capital boursier. Ils ne paient presque plus d’impôts et ont été fabriqués par l’Etat ou les banques publiques au cours des années Mitterrand. Les dix Français les plus riches (dont les témoins de mariage de l’actuel président) sont aussi riches que les dix millions de Français les plus pauvres. Vive le socialisme...

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26 janvier 2012 - lien permanent
Derrière l’écran
Jean Dujardin ou l’imprévu retour de l’excellence française
par Nicolas Bonnal

Parmi les Français les plus populaires on notait récemment la présence presque inopportune et embarrassante de Jean Dujardin. Sacré imbécile le plus international par la presse dite française et hexagonale, Dujardin est même devenu une star au niveau international, en dansant les claquettes comme un Little Gene Kelly et en imitant sur un plateau américain, avec la rigueur et l’alacrité qu’on lui connaît, De Niro et le chameau. On aura pu constater que De Niro vit depuis quarante ans de ses mimiques et de pas grand chose d’autre.

Dujardin était invité pour son film The Artist, que je n’ai pas vu, où il fait montre une fois de plus de son grand talent mimétique, de son goût du travail et de l’artistique précision de ses gestes et de ses oeillades. Cet ancien serrurier - grâces à Louis XVI ! - se présente ainsi comme un surdoué apte pour toutes les disciplines du spectacle.

***

Jean Dujardin incarne le retour de la qualité française (la réalisation de ses films est impeccable et son équipe fait un grand travail de pro nostalgique), du style français, de la touche française. Il évoque ce faisant le génial Belmondo de l’Homme de Rio ou même du grand Maurice Chevalier, qui était aussi acrobate, ou même Charles Boyer. C’est un vrai enfant de la balle, prêt pour toutes les comédies, pour toutes les dramaturgies et aussi pour toutes les chorégraphies. Il lutte à la manière du masque mexicain (le cinéma mexicain, notamment les westerns, est une perle ignorée des cinéphiles) dans le deuxième OSS, il chante, il danse, il est plus malouf que le malouf dans le premier opus de la série, et il a le toupet en dépit de tous ses préjugés d’apprendre l’arabe et même l’égyptien, et de sympathiser, en bon pied noir, avec tout le monde !

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25 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Qui a peur de François Bayrou ?
par Nicolas Bonnal

Je pense que le retour de François Bayrou est une très bonne nouvelle. Il est le seul à ne pouvoir prendre aucune voix à Marine Le Pen tout en en prenant beaucoup aux deux autres. Il est un candidat du centre, en même temps de l’alternance : ce faisant il garantit la sécurité politique au bourgeois (on a compris que Marine Le Pen aura le vote des pauvres : heureusement ce n’est pas cela qui manque) tout en offrant le léger décalage qui était énervant il y a cinq ans mais qui est si nécessaire aujourd’hui : il faut sauver le soldat bourgeois de l’alternance gauche-droite mondialisées, de la cata annoncée, de la défaite renouvelée avec goût.

***

Nous l’avions interviewé il y a plus de vingt ans maintenant ; c’était pour Minute-la France de notre inoubliable et inoublié Serge de Beketch et Bayrou alors méconnu n’avait pas eu peur. Il m’était apparu comme un homme à la fois gonflé et l’antithèse de la baudruche gonflée que l’on a l’habitude de voir dans la fausse droite. Un homme qui n’avait pas peur de ses convictions même si elles étaient ennuyeuses et fausses. Défenseur de l’Europe et des régions comme tous ses compères de l’UDF, Bayrou aura compris entre-temps que cet idéal soit n’avait pas été appliqué soit était tout simplement mauvais, comme tous les idéaux qui ne marchent pas. Le recyclage de ses idées par les malandrins en place ne lui aura pas échappé tout de même.

Cet agrégé en manches courtes, cet humaniste en tracteur qui défiait les journalistes, ce père de six enfants, avait de quoi plaire à une France à la fois profonde et plurielle, droite molle et bien-pensante, tradi et moderniste, la droite bobo qui me semble beaucoup plus solide que la gauche dite bohème. Je crois fondamentalement qu’hors de Paris 90 % des bobos sont de droite ou de centre-droit, non pas tant par leurs idées que par leur comportement. C’est pourquoi Bayrou peut plaire à ceux qui se croient de gauche tout en vivant comme ceux qui sont de droite : l’Europe, les régions, les droits du monde, très bon tout cela, jusqu’au moment où l’on se rendra compte que les girondins, comme disait mon prof d’histoire à Louis-le-Grand jouent vraiment trop mal sur scène et qu’il faudra les remplacer par des gens de la montagne ou de la marine qui leur dira merci...

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25 janvier 2012 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XLIV - La bataille des champs patagoniques
par Nicolas Bonnal

Le grand palais d’Orbi était un beau rêve chinois. Comme tous les beaux rêves, il ne dura pas trop. Nous étions sous la lumière blanche d’un grand monde, couronnés par la grue Variniki et le pélican Vârânasî. L’espace n’était pas compté, s’il était bien conté, et disposé en toute éternité. Après quelques années, nous pouvions en jouer, comme d’un grand et sublime instrument de musique. Et nos cartes les dimensions mêmes du monde, a dit notre poète.

Et il allait de soi que cet espace, que ce palais, les forces marchandes ou bien nomades, toujours là, l’allaient nous contester. Mais elles ne vinrent pas d’où on pourrait le croire.

Cette bataille était imprévisible : nous avions vaincu les maîtres carrés sur terre. Nous avions créé un bel empire pour Horbiger, un peu vide je le reconnais.

Mais, en épurant la terre de toute présence humaine trop humaine et capitalistique, nous avions facilité un compromis, ou mieux l’émergence d’une conspiration qui nous prenait de cours : la venue de ceux d’en bas, la fameuse race qui nous - toi, lecteur - supplanterait. Nous avions préparé le terrain un peu sottement, je l’avoue, sans calculer que des enfers il y en avait à revendre, que nous ne les avions pas tous vus, et parcourus ; et que des êtres protéiformes et menaçants pouvaient en surgir pour nous défier et récupérer cette surface terrestre tant convoitée.

A la tête de cette armée détestable, je ne doutais pas que l’on trouverait des Kitzer, des Sibylle et des Dieter en pagaille. Eux avaient juré que les mauvais anges et les créatures infernales devraient venir sur terre, et t’en chasser, lecteur. Je l’entendais d’ici, notre bon maître de l’immobilier d’en-bas, celui qui vide les âmes, emplit les ventres, nourrit les aigrefins, liquide l’habitat, maîtrise les tuyaux, et te sape par câbles.

Farewell happy Fields
Where Joy for ever dwells: Hail horrors, hail
infernal world, and thou profoundest Hell
Receive thy new Possessor: One who brings
a mind not to be changed by Place or Time.

Il faut se réveiller, lecteur, savoir comment faire du monde un seul Enfer : l’information, pour faire de ton âme, sous le regard vigilant de l’oeil corrompu, une torture éternelle ; et la spéculation, pour faire de ton foyer aussi le siège jaillissant d’une malade combinaison.

The mind is its own place, and in it self
can make a Heav’n of Hell, a Hell of Heav’n.
Better to reign in Hell, than serve in Heav’n.

Satan a ses amis, ses serviteurs ; mieux, mon lecteur, ses partenaires et associés pour diriger son affaire et ses affaires. Il n’est pas réactionnaire, Satan, il est très actionnaire, au grand contraire. Et il adore partager ses bonnes actions avec ses partenaires.

Je me mets à chantonner, pendant que nous rangeons l’armée en ordre de bataille.

De notre enfer le capital est bien monté.
Il a voulu, tout ce lexique partager,
Pour te montrer, mon sot, que son bon partenaire
Est prêt de toute terre en faire bonne affaire.

Our faithful friends
The associates and co-partners of our loss
... And call them not to share with us their part
In this unhappy Mansion.

Orden est là, bon vigilant, bien ramené d’éternité pour nous sauver.

- Je crois qu’ils s’attaquent à notre territoire...

Mein...

- Notre territoire ? Unser Gebiet ?

- Pardon, Horbiger, ton empire...

Mein Reich ist nicht von dieser Welt.

- Oui, mais il va bientôt être de cette Weltkrieg. Je disais donc que l’on s’attaque au Reich du Kaiser pour en faire une piste de lancement.

Was ? Chto ? Kto ?

- Quoi ? Qui ? Comment ?

- Les troupes infernales veulent installer des bases de lancement pour regarder le ciel. D’ailleurs avec Gerold nous avons vu que de faux esprits et de faux anges se glissent dans l’atmosphère terrestre. Ils doivent tenter des interceptions, ce qui fait que pour nous...

- Il sera difficile de remonter, je le sais Orden.

- Le diable est donc sur terre comme au ciel. Bonne nouvelle !

- Bien dit, Maubert !

Or once more
with rallied Arms to try what may be yet
Regained in Heav’n, or what more lost in Hell?

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24 janvier 2012 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
Humeur en dents de scie
Afghanistan, voici l’hommage US à nos morts :

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23 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le vrai bilan de Friedman, Thatcher, Reagan, et vu de droite
par Nicolas Bonnal

Je vais être injuste comme toujours, mais c’est le seul moyen de ne pas tromper, ou d’être dans le juste, précisément... Il faut cesser de séparer le monde socialiste européen du monde libéral anglo-saxon : il y a plus de super-riches en France qu’en Grande-Bretagne ! En réalité les peuples ont été soumis à la même dictature chaotique - la dictature du mondialisme et de l’économisme Vaudou, comme disait Bush père - dans les deux cas.

Mais, s’il est facile de tonner contre l’euro et contre l’Europe, il est plus délicat, surtout à droite, de faire le vrai bilan négatif du reaganisme et du thatchérisme et de leur inspirateur Friedman ; je vais le faire brièvement. Je le fais après avoir longtemps consulté mes proches amis américains ou britanniques, témoins de la déliquescence de leurs nations respectives.

***

Les théories de Friedman ont d’abord été appliquées par les dictatures sanguinaires de Pinochet et de Videla en Amérique du Sud, paradoxe regrettable pour le partisan du moins d’Etat. Dans les deux cas, les résultats avaient été catastrophiques à l’époque. L’antimarxisme extatique avait abouti en Argentine à une extermination des jeunes juifs, présumés trop trotskystes, ce qui avait poussé Carter à accorder le visa américain à tous les juifs argentins.

Ensuite les théories de la thérapie de choc ont été appliquées par Eltsine en Russie avec comme conséquence la clochardisation de la population et la dépopulation du pays. A qui fera-ton croire qu’une thérapie de choc peut réveiller l’âme d’entrepreneur de tout un chacun ? Lâchez la main de votre enfant au passage clouté, et vous verrez les grands effets de l’ordre spontané.

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23 janvier 2012 - lien permanent
Poème
Il était une fois notre bon Jean Prévost
par Nicolas Bonnal

Ayant toujours bien navigué
Par tous les monts par tous les vaux
On dit que de sa voix il assourdit la mer
Et que là-bas dans un des bras de l’Orénoque
Un ara bleu le prit un jour pour ventriloque

Il était une fois notre bon Jean Prévost

Charmante épouse et grands enfants
Coureur de fonds pas de jupons
Un responsable un vrai prudhomme
Comme l’on dit un bon bourgeois
De belle époque bonne facture
Qui ne craint pas littérature

Il était une fois notre bon Jean Prévost

Un vrai Français en version pure
Original de bonne table
Coup de fourchette respectable
Un rien banquier grand gentilhomme
Amateur de bons vers et l’esprit toujours vert
Se méfiant des matheux et défiant le pire
Par son humeur et son éclat de rire

Bien le salut bon Jean Prévost

Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XLIII - La promotion de Horbiger : le Khan ou le grand blond en avant. Ou comment Mein Fou Rire devint Mi To
par Nicolas Bonnal

Résumé du prochain (et aussi déjanté que le précédent) épisode :

En général, comme on disait en Gaule, la Chine est un grand pays peuplé de Chinois. Pour l’heure il faut tenir compte de l’impatience du rare lecteur et résumer donc non pas ce qui s’est passé, et dont on s’est lassé, mais ce qui va se passer, dont on ne peut se lasser.

Condamné par le tribunal des maîtres-chanteurs de Camembert, Horbiger est devenu le maître du monde. Il a pris plein d’espace à tout le monde et s’avise de devenir empereur de Chine, du nom de Mi To. Cela se passe moins bien que prévu, comme de bien entendu (surtout par Mandeville).

***

Après l’oubli du résumé des épisodes précédents, rappel d’iceux, audit :

Un esprit céleste nommé Gerold, et non un ange rebelle comme il a été indûment écrit, arrive sur terre, défie les maîtres carrés, descend deux fois aux enfers, s’allie avec des fous, s’entoure de Gavnuks, balaie les oppositions, adore sa mascotte Horbiger, lutte contre la baronne Kitzer, refoule le mauvais Morcom, crée un empire du rire, remet sur le métier son ouvrage, s’amourache d’une ingénieuse teutonne, redoute une aimante Sibylle, retrouve un super-héros bien rebelle nommé Orden, défile dans les galeries, dépeuple les zones à risque luxueux, s’envoie sous terre avec ses potes qui rient, trouve une ménagerie alias jungle en folie, s’évertue à demeurer mobile en dépit de tout.

Sans se calmer, puisque le calme c’est la mort, que demeurer me rend songeur, Gerold, tel est son nom, poursuit son oeuvre claire, et, tel un Duran dal, s’éveille au clair de la lune. Hune.

Tous les libraires, libres hier, que j’ai connus, sont donc mourants, ou retraités, en quelque zone. Et c’est ainsi, lecteur, l’insupportable cruauté du monde auquel j’appartiens, et donc, tôt ou tard, tu feras, de qualche modo, al brodo cosi, ainsi partie.

***

Eine Kleine petite et belle digression philosophique.

L’allongement de la durée de vie, comme il a été dit ailleurs, lecteur, et donc dans ce texte encyclopédique malgré tout, suppose un nécessaire allongement du temps, et, pourquoi pas ? élongation. L’élongation du temps suppose alors une distorsion de notre rapport au temps, et donc une modification de notre définition d’icelui.

Qui dit temps dit espace... Les philosophes à cet égard sont ainsi faits, insupportables. Si une modification quantitative entraîne, comme dit non pas Marx, mais, dit-on, Hegel, plus grand génie philosophique de ce cycle, ou de ce siècle, une modification qualitative, si donc la modification quantitative entraîne une modification qualitative, n’est-il donc pas normal, ô lecteur, que le prix du foncier intègre ainsi la burlesque modification ?

C’est ainsi, mon ami, que ton rapport à l’espace va se modifier sincèrement. Le grand sot, qui pleure à seaux, déclare que son temps c’est de l’argent. En réalité, son temps d’adulescent, son temps d’étudiant, son temps de grand enfant, ne vaut rien. Il augmente, son temps de vie, pas de travail, et il vaut toujours plus, toujours moins. Sur dix ou bien vingt ans, la bourse n’a rien rapporté, mon lecteur préféré. C’est donc l’espace qui va devoir payer. Et là, ma quinua, c’est le grand goy, ou bel aryen, qui va en décider du prix, avec ses longues jambes.

With his long strides... All space in a nutshell.

L’espace va coûter cher, ô lecteur. Ce n’est pas toi qui en décidera, mais le marché ; mais l’énergie ; mais le tueur. Je te tuerai à chaque pas, puisque chaque pas vaut ta fortune, mon abruti. Un pas vaudra dix ans de vie.

Ici ce n’est pas le plus patient, mais bien le plus costaud, qui en décidera. D’ailleurs, c’est comme pour les places de concert, les places de ton espace : personne ne s’y risquera un seul instant.

Sous peu d’années, tous les Gaulois seraient chassés de Gaule, et tous les Germains passeraient le Rhin, car le sol de la Gaule et celui de la Germanie n’étaient pas à comparer, non plus que la façon dont on vivait dans l’un et l’autre pays.

Mais revenons à Horbiger, face de lune, ô mon lecteur. Mon Horbiger a été condamné par le tribunal de Camembert et par erreur. Il a été condamné momentanément, je te le dis, mon bon lecteur, par les puissances de l’espace.

Horbiger doit tout d’abord prouver ses origines impériales. Il prétend à la fois descendre des fils du ciel et remonter de l’enfer, et se console avec de la dialectique. La dialectique de la glace du feu, lecteur, que de la classe. Mais le palais impérial, la cité interdite, entre nous soit dit, suppose certaines règles auxquelles échappe mon aristocratique empereur, celui par qui le pire et l’empire arrivent...

Les origines fabuleuses de la race aryenne, descendue des montagnes habitées par les surhommes dans notre âge, destinées à commander à la planète et aux étoiles, étaient établies. La doctrine d’Horbiger s’associait étroitement à la pensée du socialisme magique, aux démarches mystiques du groupe de Gerold. Elle venait nourrir fortement ce Jung devait appeler plus tard la « libido du déraisonnable ». Elle comportait quelques-unes de ces vitamines de l’âme continues dans les mythes.

Horbiger prend la sage décision de devenir empereur de Chine, seul pays à même, avec sa longue tradition de prospérité, de tranquillité et de culte des traditions célestes et impériales, de lui fournir un trône raisonnable.

Fort de ses innombrables mètres carrés volés aux riches de tous les pays, il se fait construire un palais aux mille portes et aux mille étoiles de la voix lactée dans la Cité Interdite autrement nommée Reichistan, mais pour les initiés seulement.

La salle du trône mesure dix mille milles. Elle est immense, grande comme un cosmos, on dit qu’il faut le Yi King pour s’y guider, s’y repérer. Elle est peut-être un peu grande, assurément taillée pour des races de géants. Il faut dix ans pour y former un guide ou un huissier, de ceux chargés d’accompagner le visiteur auprès de notre Empereur. Les autres se perdent donc en route. Il s’ennuie. On décide un audit. Un quoi ? Lorsque l’on veut s’adresser à sa Majesté Mi To, on ne peut pas s’approcher de lui à moins de dix mille pas. Cela cause des problèmes d’écoute de l’être suprême.

Quiconque s’adressait à l’Empereur devait utiliser des termes tels que Bixia, correspondant à « Votre Majesté Impériale », Huang Shang, « Empereur d’En Haut », ou Tian Zi, « Altesse Impériale », ou Sheng Shang, « Divinité d’En Haut » ou « Altesse sainte ».

Elle est bien plate, la grande salle, qui rappelle celle du tribunal, mais en plus grand, puisque tel est notre dessein. Elle est immense et nettoyée régulièrement par les aspirateurs, par les inspirateurs, par tous les Staubsauger de notre chère Fräulein, notre femme allemande, la soldate inconnue, l’ingénieuse connue. Et elle s’est étendue pour prouver la puissance de notre empireur, un roi de l’emporium de nos mètres carrés réunis. Cela m’apprendra à les apprécier, tous ces dons répandus.

La cité compte 9999 pièces (et non 6666, comme le voudraient les ennemis d’Horbiger)... La cour extérieure, où le souverain recevait ses ministres et présidait les grandes cérémonies officielles, abrite notamment : la « salle de l’harmonie suprême », la « salle de l’harmonie parfaite » et « la salle de l’harmonie préservée », ainsi que les bâtiments latéraux dont « la salle de la gloire littéraire » et « la salle de la prouesse militaire ». Le Kaiser semble avoir dix mille ans lui-même ; il a retrouvé sa barbe finement taillée par un automate de Fräulein ; il effectue dix mille pas et dix mille méditations transcendantales par jour, et nous devrons prier au Reich de dix mille millions d’années. Na Boo Kov, promu grand initié littéraire, ronchonne après les devoirs de sa charge, lecteur. Mais tout de même, une salle de la gloire littéraire, cela n’est pas donnée à tous les empires. Tu es plume, et sur cette plume je bâtirai mon empire des lettres et de l’être.

La Capitale, où l’on s’assemble, doit être choisie (après une inspection de l’étendue) dans un site qui s’atteste voisin de « la résidence céleste », dans un site qui, par la convergence des rivières et la confluence des climats, s’avère comme le centre du monde.

Dans la salle géante, gênante presque, Horbiger effectue dans le ciel serein de la cité cynique un plat de vols à satiété. Il a une grue géante, avec laquelle il effectue des voyages sidéraux dans l’astral, des voyages qui durent des mois, tant la salle est si grande, lecteur. Et c’est Tohol Kien, un autre fils du ciel, vieux magicien saxon, qui lui trouva cette cousine de Thorondor, l’aigle magique des temps anciens. La grue cosmique se nomme Variniki, comme les raviolis d’Ukraine, électeur ; chacun de ses vols couvre mille ans de ton âge, chacune de ses ailes couvre dix millions de tes milles carrés. On en crierait ces vers :

Une plume, un oiseau. C’est l’aile du condor.
Elle frôle, l’ellipse, un versant majuscule,
Dominant de son vol l’humain si ridicule,
Et monte rechercher dans l’azur un ciel d’or.

Il plane énigmatique entre masse et puissance,
Maître de la Vallée, héraut de toute faune,
Négligeant, ce mutant, tous les possibles trônes,
Empereur des hauteurs et messire des sens.

Lorsqu’il se lasse, Orbi pense à la région Condor. Mais il est privé de condor, du fait de son procès, d’Amérique précolombienne, et il doit se contenter d’un pélican, qu’il a orthographié rituellement, avec ses Ken Ji savants, le pali khan. Il l’a nommé Vârânâsi, et quand on l’embête sur son aile droite, il le surnomme Ben Arès. Il se voit déjà sur le toit du monde, ô mon Himalaya, ô mon île à mayas...

Quand on le tance sur son varan nazi, il s’en prend à Mange-tout, son canard laquais, et il joue au Yi King avec le petit ami des Gavnuks, Kind Arthur. Il parle de sa genèse folle quand il jouait lui-même avec Berlin l’enchanteur, et il tire les traits suivants :

- Les traits mutants sont...

- Le Yin, le Yang, avant l’accomplissement, Votre Majesté.

- Oui, Kind Arthur. Rejouez encore, jetez les pièces sans leurs mètres.

- Oh ! Le deux à la cinquième place ?

- Hexagramme Kien, le créateur, car vous êtes le créateur...

- C’est Gerold, le créateur ? Ou Nabookov ? Où sont-ils ?

- Je vois le puits, et le chaudron... La situation est grande et belle, où se saisir à neuf : il ne s’agit rien de moins que de ramener l’ordre dans le monde.

Ach ! Le désordre nouveau, c’est ma spécialité, ça et la maladie de la bière.

- Monseigneur, regardez ! Si le renard a trempé sa queue dans l’eau, rien n’est heureux...

- Maréchal Grommelle, wo bist du ?

- Il s’est cramé la queue, Monseigneur.

- Quel gaillard d’avant !

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20 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le Génie français, le triple A et les triples buses
par Nicolas Bonnal

Il fut un temps où la France avait un patrimoine : c’était du temps où l’on avait un bas de laine et pas un crédit revolving ; du temps où l’on bâtissait la cathédrale de Chartres et pas les rocades ouest ; du temps où l’on bâtissait Versailles et pas les foyers de clandestins ; du temps où l’on écrivait la comédie humaine où les philosophes ne s’appelaient pas BHL ; du temps où nos peintres s’appelaient Champaigne ou Jean Clouet et pas Sagouin souillant l’image du Christ ; du temps où l’on civilisait des contrées éloignées et où l’on ne ramenait pas les islamistes au pouvoir en Tunisie ou ailleurs ; c’était aussi le temps où des fils d’immigrés comme Piaf ou Montand enchantaient le monde avec de la chanson française et ne nous polluaient pas avec leur rap de cités mortes. Cet ensemble d’apports civilisés et langagiers de la France au monde, culturels et traditionnels, cela s’appelait la culture française, le patrimoine français.

Avec les triples buses technocratiques, juridiques, économiques, qui nous gouvernent depuis 40 ans (mai 74 pour être précis), la définition du patrimoine a baissé. Le patrimoine français, l’exception française qui avait éclairé le monde depuis Jeanne d’Arc ou les châteaux de la Loire, depuis Racine ou l’art de Rameau, a permuté : c’est la défense du triple A. Le triple A c’est tout ce qui reste au pays de Noah et Doc Gynéco.

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19 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
La tyrannie humanitaire et le gouvernement mondial de 2012
par Nicolas Bonnal

Depuis quelques semaines, nous assistons à une succession de miracles qui mettent fin à l’annus horribilis 2011. En voici quelques-uns :

- Les marchés se satisfont de Mario Draghi, qui a décidé de donner aux banques tout l’argent qu’elles voulaient. Un pseudo paparazzi le surprend même sans ceinture au volant d’une menue voiture, et voilà notre « vila affariste », comme disait l’ancien président Cossiga, au plus haut dans les sondages. 2012 sera sans doute l’année d’un rebond boursier. Banque du politiquement correct (voir son site), Goldman Sachs remontera aussi dans les sondages : mais de qui avions nous donc si peur ?

- Mario Monti nous joue lui la sérénade tartufe du bon catholique rigoureux au service de son pays. Monti est pourtant un Bildelberg de pure facture, ancien bien sûr de Goldman Sachs : mais puisqu’il nous dit qu’il mange à la maison des lentilles cuisinées par son épouse ! On a l’impression qu’après le Borgia Berlusconi nous avons droit à une resucée de Savonarole ou de l’ordre moral. Mais les italiens plus grands tricheurs du monde se sont mis à table pour confesser leurs crimes et appliquer au pas de l’oie le consensus des banques centrales. Dans la foulée les taux d’emprunt servant à rembourser d’autres emprunts baissent comme par enchantement.

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18 janvier 2012 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
Eva Joly à Madagascar
Joly avec Ravalomanana

Christian Chadefaux rappelle dans "Le Journal de l’Ile" (de la Réunion, 26/11/11) les exploits d’Eva Joly à Madagascar. Conseillère personnelle pendant quatre ans du sanglant président francophobe Ravalomanana (déchu et exilé depuis 2009), c’est « sous son autorité, au moins morale » que des journalistes français ont été expulsés sans explications, tandis qu’ « une dizaine de paysans malgaches ont été condamnés à mort [...] pour s’être opposés au vol de leurs terres par le glouton tyran [...] qu’elle conseillait... »

Patrick Gofman
Errance
Margaret Thatcher et l’Angleterre des années 80
par Nicolas Pérégrin

Il est triste, comme l’a dit le PM britannique David Cameron, de faire un film sur la Dame de fer alors qu’elle est encore vivante, tout en faisant allusion - et même plus qu’allusion - à sa démence. C’est lui faire peu de justice, tout cela pour encourager un peu plus l’idolâtrie d’une actrice déjà nominée quarante fois aux oscars.

Je n’ai pas envie de juger le bilan de Margaret Thatcher : quand on voit ce qu’est devenu le Royaume-Uni, on se dit qu’il n’est pire ni meilleur que celui de, mettons, François Mitterrand. Lorsque la décadence frappe une partie du monde, pour des raisons spirituelles, démographiques puis économiques on ne peut plus faire grand-chose. Thatcher n’avait sauvé son pays ni de l’immigration (elle avait eu des paroles courageuse en son temps et elle avait défendu dans ses mémoires le grand Enoch Powell) ni de la désindustrialisation, ni du nivellement des valeurs morales qui avaient fait la force de la Grande-Bretagne depuis toujours. Je ne sais pas seulement si on peut l’en rendre responsable ou si simplement, comme disant les bédouins au colonel Lawrence, « c’était écrit ».

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16 janvier 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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